Insomnie : pourquoi je n’arrive pas à dormir alors que je suis fatigué ?

Fatigué mais incapable de dormir ? Découvrez pourquoi l’insomnie peut persister malgré la fatigue et quels mécanismes peuvent entretenir les difficultés d’endormissement.

Théo MARTIN DE LA TORRE

9/26/2026

Insomnie : pourquoi je n’arrive pas à dormir alors que je suis fatigué ?

« Je suis épuisé toute la journée, mais dès que je me couche, je n’arrive plus à dormir. »

C’est une situation fréquente dans l’insomnie, et elle peut sembler illogique. Pourtant, être fatigué ne veut pas forcément dire être prêt à dormir.

Le sommeil dépend de plusieurs mécanismes : notre besoin de sommeil, notre horloge biologique et notre niveau d’éveil.

Fatigue et somnolence : ce n’est pas la même chose

La fatigue correspond surtout à une sensation de manque d’énergie, physique ou mentale.

La somnolence, elle, correspond à une véritable tendance à s’endormir.

On peut donc se sentir épuisé après une journée difficile, avoir envie de s’allonger, mais rester incapable de s’endormir une fois au lit.

C’est notamment ce qui peut arriver lorsqu’un niveau d’éveil important persiste au moment du coucher.

Le sommeil ne se commande pas

On peut décider d’aller se coucher, mais pas de s’endormir.

Au fil de la journée, notre besoin de sommeil augmente progressivement. Mais après une mauvaise nuit, il est fréquent d’essayer de récupérer en se couchant plus tôt, en restant plus longtemps au lit ou en faisant une sieste.

Ces réactions sont parfaitement compréhensibles.

Le problème est que, lorsqu’elles se répètent, elles peuvent parfois diminuer le besoin de sommeil disponible le soir et rendre l’endormissement plus difficile.

Quand le sommeil devient un enjeu

Après plusieurs mauvaises nuits, on commence souvent à surveiller davantage son sommeil.

« Est-ce que je vais réussir à dormir ce soir ? »

« Il ne me reste plus que cinq heures avant le réveil. »

« Si je ne dors pas maintenant, demain va être compliqué. »

On regarde l’heure, on calcule, on change de position, on essaie de « faire le vide ».

Mais le sommeil est un phénomène involontaire.

Plus on essaie activement de le provoquer, plus le niveau d’éveil peut augmenter. Le coucher devient alors un moment d’attente, de contrôle ou de frustration.

Petit à petit, le lit peut même être associé à l’éveil plutôt qu’au sommeil.

Pourquoi l’insomnie peut-elle durer ?

Une insomnie peut commencer après une période de stress, une maladie, des douleurs, un changement d’horaires, la naissance d’un enfant ou un autre événement important.

Mais même lorsque le facteur déclenchant disparaît, certaines habitudes peuvent rester.

Par exemple :

  • se coucher très tôt pour « récupérer » ;

  • passer beaucoup de temps au lit ;

  • surveiller constamment son sommeil ;

  • anticiper la nuit suivante ;

  • multiplier les stratégies pour essayer de dormir.

C’est pourquoi il est parfois plus utile de rechercher ce qui entretient actuellement l’insomnie que de chercher uniquement sa cause initiale.

L’hygiène de sommeil suffit-elle ?

Pas toujours.

Limiter les stimulants tardivement, garder des horaires relativement réguliers et avoir une chambre adaptée sont de bonnes bases.

Mais lorsque l’insomnie est installée depuis plusieurs mois, ces conseils seuls sont souvent insuffisants.

Les recommandations scientifiques accordent une place centrale aux thérapies cognitivo-comportementales de l’insomnie, ou TCC-I, dans la prise en charge de l’insomnie chronique.

Dans ma pratique, je ne réalise pas une TCC-I complète. J’utilise en revanche certaines approches non médicamenteuses issues des connaissances actuelles sur le sommeil et certains principes utilisés dans les prises en charge comportementales de l’insomnie.

L’objectif est notamment de mieux comprendre le fonctionnement du sommeil et d’identifier les facteurs qui peuvent entretenir les difficultés.

Quand faire évaluer son sommeil ?

Une mauvaise nuit occasionnelle n’est pas forcément préoccupante.

Une évaluation peut cependant être utile lorsque les difficultés deviennent régulières, persistent dans le temps ou commencent à avoir un impact sur la journée.

Il faut également être attentif à certains signes pouvant évoquer un autre trouble du sommeil, par exemple :

  • des ronflements importants ;

  • des pauses respiratoires pendant le sommeil ;

  • une somnolence importante dans la journée ;

  • un besoin irrépressible de bouger les jambes le soir ;

  • des endormissements involontaires.

Dans ces situations, un avis médical peut être nécessaire.

En consultation sommeil

Le bilan permet notamment d’étudier les horaires de sommeil, les réveils nocturnes, les siestes, le temps passé au lit, la fatigue, la somnolence et les habitudes mises en place depuis le début des difficultés.

Un agenda du sommeil peut également être proposé afin d’observer le rythme sur plusieurs jours.

Les consultations sommeil que je propose sont consacrées à l’évaluation du sommeil et à des approches non médicamenteuses adaptées à la situation.

Elles ne constituent pas une TCC-I complète et ne remplacent pas une consultation médicale lorsqu’un diagnostic ou un traitement médical est nécessaire.

Sources

Riemann D, Espie CA, Altena E, et al. The European Insomnia Guideline: An update on the diagnosis and treatment of insomnia 2023. Journal of Sleep Research. 2023;32(6).

Edinger JD, Arnedt JT, Bertisch SM, et al. Behavioral and psychological treatments for chronic insomnia disorder in adults. Journal of Clinical Sleep Medicine. 2021;17(2):255-262.

Qaseem A, Kansagara D, Forciea MA, et al. Management of Chronic Insomnia Disorder in Adults. Annals of Internal Medicine. 2016;165(2):125-133.

Vous vous reconnaissez dans certaines de ces difficultés ?

Un appel découverte Sommeil gratuit de 10 minutes permet d’échanger brièvement sur votre situation et de voir si une consultation sommeil peut être adaptée.